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  Cendrillon et la société géniale 5 
Aujourd'hui, Jérôme Kerviel a décidé d'aller à la société géniale. On est samedi, c'est fermé mais il s'en fout, il ira quand même : ça sera pas la première fois qu'il prend la tangente.

Il est joyeux et a choisi de passer par le parc. Les filles sont jolies, il fait beau (y'a pas d'mal après ce mois d'avril assez merdique), et il peut même se payer le luxe de mettre son pull autour du cou pour se donner un air classe et décontracte.

Mais ce n'est pas ce qui intéresse réellement Jérome Kerviel. Car aujourd'hui, s'il a décidé de se rendre à sa banque où il est arbitragiste (comprendre "trader qui régule les marchés", à la différence du "trader qui se fait un max de fric sur ta gueule" plus connu), c'est pour la niquer de 5 milliards de dollars. Oui, il est comme ça, Jérôme Kerviel. Il a des coups de tête ambitieux. Et puis tant qu'à faire, niquer la société géniale, ça reviendra à niquer la société en générale.

Quel meilleur projet pour honorer la fête du travail de ce 1er mai ?


Mais laissons Jérôme Kerviel et ses plans machiavéliques. Tournons la tête pour voir que, pendant ce temps, 47% des français redoute de devenir sans abri. C'est marrant, surtout lorsqu'on met en perspective cette étude de l'ONU qui prétend que 10% des 500 milliards investis dans la pub pourrait régler 50% des problèmes de la faim dans le monde.

A peu de choses près, ceci est le paradoxe énoncé de notre société mondialisable qui s'enrichit mais où la peur de la pauvreté grandit sans cesse : c'est la société géniale.

Je profite de toutes ces considérations pour rappeler les sujets de l'émission de Capital de dimanche dernier qui nous a entres autres montré que :
  • les patrons des grandes sociétés se donnent des augmentations entre eux, puisque étant réciproquement dans les conseils d'administrations de leurs copains, y'a pas de raison de se faire chier ("tu veux bien m'augmenter ? ok cool,ben je t'augmente aussi")


  • Mittal, le géant de l'acier, envoie des mineurs au suicide parce que c'est moins cher que s'il fallait essayer de les maintenir en vie. De la sorte, Mittal assure le double de rentabilité de ses infrastructures par rapport à la concurrence. C'est un moyen comme un autre pour le patron Lakshmi Mittal de payer un joli mariage à base de millions d'euros à sa petite fille chérie (à Versailles je vous prie). Kylie Minogue est même passé pour faire un coucou à 520 000 dollars (hey mais celle là n'a pas encore été nominée à l'instant pouf ! quel blasphème !)


  • des gens jouent à suivre des courbes sur des écrans en se tirant un max de thunes. Ici, on en revient effectivement aux traders (la seule exigence dans ce genre de travail semble de devoir prendre l'air grave et important lorsqu'on regarde des chiffres).

Tout ça pour conclure : ahhh la folie des hommes, nous courrons droit à notre perte.

Ca, c'était juste histoire d'enfoncer des portes ouvertes (je me suis ramassé par terre comme une grosse merde du coup (ça c'était pour remettre l'image du dossier sur la chine qui se cachait derrière la vidéo (je t'en prie Dunn)))


En fait, si j'évoque pèle mêle tout ça, c'est surtout pour en arriver à un ouvrage d'un certain Eric Reinhardt qui tombe à point nommé : Cendrillon.

Ce bouquin raconte justement pèle mêle des destins de personnages plus ou moins marginalisés dans une société capitalistique désarticulée. Qu'ils soient parfaitement dans le système (trader) ou complètement out (chômeur suicidaire), ils semblent pourtant tous se retrouver dans un vide intérieur fondamental. C'est donc dans une atmosphère sans concession qu'évoluent les individus Laurent Dahl, Patrick Neftel ou bien Thierry Trockel (ça fait un peu chien chien je trouve) ; ce qui n'empêche pas le naïf Eric Reinhardt de persister à croire en l'espérance poétique (d'où "Cendrillon").

Ces destins ne sont pas croisés, ils sont totalement indépendants. Ils sont même entrecoupés des pérégrinations autobiographiques de l'écrivain, qui se plait à faire état de considérations diverses (un peu comme le début de cet article), se faire le chantre de la saison automnale, ou tout simplement raconter sa life (il adore les pieds de Margot).

"Ca m'a l'air d'un bordel". Mais c'est justement et parfaitement voulu. En ce sens, Cendrillon rappelle la démarche de Mondedemerde.net que nous n'avons certes pas théorisé : une sorte de melting polt de récits, d'articles dont la seule mais essentielle connexion est la vérité de l'instant, le contexte dans lequel il se déploie. Plus sommairement : du grand n'importe quoi.

Ce qu'Eric Reinhardt cherche à faire et montrer, c'est ainsi d'établir que ce qu'il relate de lui et ses fictions ne font en fait qu'un tout interconnecté par un référentiel unique : sa subjectivité de l'instant présent, instant présent dont il fera d'ailleurs l'apologie dans l'un de ses bourlinguages.

Au final, il n'empêche qu'il n'est pas forcément évident de trouver des liens qui ne sont pas explicitement déclarés ni même explicitement recherchés. Mais c'est cela même aussi qui fait l'intérêt du livre : on se retrouve dans une démarche expérimental qui a le mérite, de par sa nature, de révéler une écriture authentique. On sent les convictions de l'auteur, on sent ses approbations, ses appréciations etc.

On est même au cœur de ses enquêtes comme lorsqu'il entreprend de s'interroger sur les ressorts du milieu des fonds de pension et du métier de trader, fort pédagogique au demeurant. Parallèlement, dans une approche plus romanesque, il raconte le récit d'un trader qu'il imagine avoir pu devenir s'il n'était pas devenu écrivain (Eric Reinhardt est passé par école de commerce et tutti quanti). Par cet exemple, on se rend bien compte de la démarche bordélique d'Eric Reinhardt. Le milieu de la finance, son parcours personnel, sa fiction autobiographique... tout autant de récits indépendants, mais reliés ensemble dans ce même contexte du livre Cendrillon et qui, finalement, se renvoient tous la balle par des liens implicites.

Le délire d'Eric Reinhardt sur la synergie de récits dans l'instant présent ne se résume pas à un concept venteux. Il semble prendre corps là, tout de suite, maintenant. N'est ce pas étrange qu'en ce moment même, pas si loin après la sortie du bouquin, le milieu de la finance soit au cœur de moults débats (l'émission de capital en parlait justement) ? La petite histoire de Jérome Kerviel a surgi dans la foulée de ce livre.

De là à jouer les Jean Claude Van Damme et dire que toutatuneraison , c'est un pas que je ne franchirai pas, mais j'oserai dire quand même que tout ne vient pas sans raison.

Attention, subtilité.
Kylord @ 03/05/08
 
 

03/05/08
tro bi1 alor wè sisi jen é entendu parlé...mé bon jsé pa ski lui trouve jve dir cc toi comen va tu t tro mignone jaimerai tro faire ta co tien mon msn Komme pske la daronne a kiffer tro grave Délir et mon daron cest chanmé la vibe aujordui ils pétent tro grave Dlire SyMPae sinon la meuf c chanmé l'amour vazy laché vo com :-)


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04/05/08
tutafé, tutafé


  page web

05/05/08
Si le doute me taraudait... à présent j'en suis convaincu. Vous êtes un communiste Kylord ! (ou un rhétoricien de première même si je ne me suis pas perdu).


 

05/05/08
Rhétoricien de mes couilles, tes enquêtes elles sont minables, elles servent d'alibi aux vendeurs de savon et de lessive.
...
En fait c'est pas très gentil, je retire, on ne peut pas dire ça d'un journaliste total, je m'en excuse.


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05/05/08
hmm je me définirais plutot comme ce groupe armé audacieux qui fait sauter les radars : des idées de fachos avec des slogans communistes. Ils ont l'air pas mal dans leur genre.

 
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