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X-Files Régénération |
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…tel est le titre traduit de nul part du nouveau film de Chris Carter basé sur la cultissime série X-Files. Le titre original était pourtant X-Files I want to believe (qui aura un certain lien avec le scénario), que les canadiens ont fidèlement traduit par X-Files Je veux croire, mais bon c’est vrai que c’est nulle comme traduction.
X-Files Régénération donc, est une daube sans nom. Si quelques fans nostalgiques de la série auront tendance à persister, et c’est leur droit, d’affirmer qu’il n’est pas complètement mauvais, que c’est quand même du niveau de la série, et patati et patata, il n’en reste pas moins que X-Files Régénération est un mauvais film. Un très mauvais film. Poussant même à certains moments le vice jusqu’à être une insulte à la formidable série TV qu’X-Files fut dans le temps.
L’histoire pour commencer, n’a strictement rien à voir avec le corps scénaristique principal de la série (et précédant film). Il s’agit d’une intrigue annexe sans intérêt qui n’avait en rien le droit d’exister sur grand écran. Alors que Carter aurait pu développer une énième histoire d’extra-terrestres, d’insectes tueurs, de contamination mondiale, de complot gouvernemental, de fantôme romantique, de panda psychopathe ou même de caribou mutant, c’est bien une banale histoire d’enlèvement qui sert de trame conductrice. De plus, cette dernière est traitée de manière insipide, du niveau d’un mauvais téléfilm de deuxième partie de soirée sur RTL9. Car si l’on supprime les deux acteurs principaux et les 6 notes emblématiques du générique de la série, impossible d’y voir un quelconque lien avec X-Files.
Et les acteurs, parlons-en. David Duchovny et Gillian Anderson, maitrisent leurs personnages (mais bon dans un sens avec 10 ans de pratique le contraire eut été étonnant) et parviennent à faire bonne figure malgré la plâtrée de dialogues indigestes et souvent ridicules que leur impose le script. Amanda Peet (Syriana) et Xzibit (Pimp my ride), incarnant le duo choc du nouveau FBI, sont par contre totalement invisibles, la faute à un scénario exclusivement centré sur Mulder et Scully qui se contente de les cantonner au rang de faire-valoir. Callum Keith Rennie, incarnant le méchant de l’histoire, fait lui aussi figure de bouche trou avec peut-être une ou deux phrases prononcées de tout le film.
Le seul acteur qui s’en sort plutôt bien, et le seul à avoir un personnage légèrement travaillé, sera l’excellent stand-up comedian écossais Bill Connolly qui, si il est totalement inconnu en France, jouit d’une immense notoriété outre manche. Sa popularité et son quota sympathie sont d’autant plus amusants que Connolly interprète ici le rôle d’un curé pédophile animé de visions surnaturelles (qui sera au final le seul élément paranormal de l’histoire placardé au rang de détail scénaristique, et ça fout un peu les boules pour un film estampillé X-Files).
Parlons du scénario à présent. Le vide qui l’anime est la principale cause du désastre cinématographique après les innombrables absurdités et incohérences qui le composent. Nous sommes dans une paisible et reculée bourgade du nord des États-Unis. Un agent du FBI disparait. Un prêtre pédophile anciennement condamné par la justice et fiché au FBI, est soudainement animé de visions surnaturelles et assiste à distance à la scène. Il contacte le FBI pour signaler ses visions et, comme c’est un pédophile et que personne au FBI ne croit un seul instant à ces visions, il est évidemment décidé de mobiliser une cinquantaine d’agents se faire guider par le dit prêtre afin de rechercher le corps de la victime dans une prairie enneigée.
La mission est payante puisque le FBI retrouve un bras d’homme dans la neige, sachant que l’agent disparu est une femme. Tout cela est bien étrange ma bonne dame, alors le FBI décide de contacter Fox Mulder, le spécialiste des trucs pas net, pour avoir son avis sur la véracité des visions du prêtre. Mais si vous avez un peu suivi la série, vous savez pertinemment que Fox Mulder vit loin et caché car il est hors la loi et que le FBI veut mettre la main dessus depuis longtemps (mais c’est pas facile pour le FBI de trouver un mec, d’autant plus que Mulder s’est intelligemment laissé pousser la barbe, méconnaissable le Fox avec son déguisement). Donc bon, le FBI ne pouvait pas le retrouver quand il le cherchait, mais là y vraiment besoin de lui (comment ça non ?) donc le FBI a une super idée : demander à Scully (puisque bien sur elle sait où il est puisque bien sur ils couchent ensemble ? Vivent ensemble ? C’est pas très clair… merde je viens de vous spoiler la surprise).
Commence donc l’enquête de Fox Mulder et Dana Scully (parce que oui Fox Mulder il se cachait depuis des années mais là vous comprenez on a besoin de son avis alors il sort de sa cachette et se rase la barbe… merde je viens encore de vous spoiler (oui parce que ça fait quand même parti des moments les plus intenses du film)).
Le reste de l’enquête s’étire ensuite péniblement pendant 1h44 (qui en parait 3h58), alternant un Fox Mulder en quête d’une quelconque motivation pour justifier sa présence dans cette histoire qui ne le concerne pas à grand coup de clins d’œil faciles sur la série (Maiiiheuuu je cherche cette femme disparue parce que intérieurement je cherche encore ma sœur kidnappée par des extraterreeeestreuh… comment ça ça n’a rien à voir ?) et d’une Dana Scully qui lui répète inlassablement que maintenant elle est docteur et qu’elle ne veut plus se perdre dans des enquêtes sordides même si c’est vrai que c’est un peu elle qui le motive à aider le FBI en premier lieu mais que bon sang elle a un gosse à sauver.
Car c’est principalement le rôle réservé à Dana Scully, mise à l’écart d’une enquête pitoyable pour s’échiner à jouer les docteurs House dans un couvent, luttant corps et âme contre la tentation de laisser crever son patient ou de le sauver (et vive le serment d’Hippocrate). Vous vous dites surement que ça n’a rien à voir avec X-Files ? ah ah que vous êtes naïfs (mais incroyablement lucides).
X-Files Régénération est donc une belle daube sans aucune espèce d’intérêt à moins que la simple vision de David Duchovny et Gillian Anderson soit suffisante à vous faire palpiter la nostalgie. Chris Carter partouze avec ses acteurs sur les millions de dollars que le film engrangera sans se fouler en collant le logo de la série sur une affiche, sans le moindre respect des spectateurs et il est très certainement content de lui le bougre.
Ceci-dit, si vous êtes en manque de Duchovny, je vous conseille plutôt des visionnages intensifs de la série Californication, un petit bijou insolent et jouissif inspiré librement de l’œuvre de Charles Bukowski. Et ça mes amis c’est pas de la daube.
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