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Parce qu’MDM est tout à fait capable de chroniquer des film...
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  Le Filmillénium 2 
Attention : article qui dévoile plein de trucs (mais pas la fin)

Après Millenium les livres, voici venu l'heure de Millenium, le film. Me voilà dans le cas où je connais le bouquin avant le visionnage. Il me sera donc techniquement impossible d'être sans a priori vis à vis du déroulement de l'histoire. D'ailleurs c'est le problème de toutes les adaptations dans un sens ou un autre. Impossible d'être dans l'inconnu à la fois pour le film et le livre. Jamais je ne saurais ce que ça fait de voir le film sans rien savoir préalablement. Quel terrible constat. C'est un peu comme quand on se rend compte qu'il est impossible de se voir les yeux fermés. Ce sont les grandes tragédies de la vie.

Quoiqu'il en soit, mon sens critique sera acerbe, ma verve impitoyable, d'autant plus que le film était sorti au moment où je lisais les bouquins et je me demandais au fur et à mesure comment l'interprétation avait été faite et tout et tout. Je suis donc sur les starting block pour critiquer à bâtons rompus.

Déjà, avant toute chose, je ne saurais que trop conseiller de vous mettre au suédois. Si vous n'êtes pas convaincus, l'échantillon de doublage très mauvais de la bande-annonce en VF devrait vous en persuader ("Hé oui, c'est comme ça".... lôôl...).

Cela étant clarifié, posons désormais la situation de départ : les livres originelles m'apparaissent comme un cadeau pour un réalisateur. La dynamique et la construction de Millenium, avec les différentes trames qui se développent en parallèle, sont élaborées de telle sorte que la mise en scène est déjà pré-conçue. De nombreux passages possèdent notamment en préalable une haute valeur cinématographique.

Seulement, il reste les deux grands problèmes classiques et difficiles à résoudre pour les transcriptions de polar sur grand écran : restreindre fatalement le nombre de rebondissements sans altérer le fil scénaristique et faire le ménage inévitable dans les personnages mis en valeur à foison (et beaucoup sont blonds ; ce qui est assez troublant, mais c'est la Suède, faut s'y faire). Cela dit, l'adaptation cinématographique ne fait pas la folie de vouloir reprendre les trois bouquins en un seul film. Il ne s'agit ici que du premier tome, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Le défi n'en reste pas moins ardu.

Le premier choix qui a été fait se constate rapidement : la partie journalisme total, à mon grand désespoir en tant que représentant foireux de la cause, a été largement éludée. C'est assez cocasse quand on sait que le nom de la trilogie Millenium est en fait le nom du journal dans l'histoire. Pourquoi ce choix ? Il semble que le réalisateur ait voulu faire un polar pur jus. Ainsi, tout ce qui n'était pas directement raccroché à l'intrigue policière du premier tome a été écarté dans la mesure du possible. Mais c'est fort discutable : c'est écarter ce qui fait la particularité des livres et c'est aussi enlever toute l'ironie du ton, la dimension de recul et de distance que confèrent les problématiques du journal (notamment l'aspect anti-fasciste).

Outre ce choix destiné à diminuer le nombre de pages du scénario pour faire plaisir aux requins de la production, le réal a choisi d'être hyper fidèle à la narration du livre. En partant de ce principe, il aborde même un maximum de passages descriptifs et il se retrouve alors dans la délicate situation que, à ce train là, il aurait aussi bien pu faire trois films pour le premier tome. Pour éviter le drame, il choisit une bonne vieille technique éculée bien connu chez les films de sportif : la technique du montaaaaaaaaaaaaaage. Plusieurs fois, cela lui sera bien utile. Mais bon, c'est frustrant pour tout le monde : celui qui a lu le livre aimerait bien aussi retrouver le détail du passage, et celui qui n'a rien lu n'est pas sûr de bien comprendre ce dont on parle.

Mais être fidèle, c'est aussi s'exposer comme un guedin à la critique des lecteurs car le rapprochement est alors super facile. L'occasion est alors toute trouvée pour comparer les personnages entre leur version pellicule et leur version papier. C'est justement ce que je vais faire. Let's go !

Lisbeth Salander
Commençons par la perle. Noomi Rapace incarne drôlement Lisbeth Salander. On la retrouve, asociale, rude, directe, brillante. Avec un film à sa hauteur, elle aurait pu envisager une reconnaissance du métier tant c'est un rôle-à-oscar (tm). Cela dit, on ne ressent pas autant la blessure telle qu'elle est décrite dans le livre. On la sent moins borderline. Elle revêt même un trait de glamour qui n'est pourtant pas le caractéristique première de sa description littéraire. Moins frêle, elle encaisse assez bien tout ce qu'elle prend dans la gueule ; ce qui n'est pourtant pas évident. De plus, assez prudemment, le film ne prend pas le risque de développer les relations tortueuses qu'elle entretient : on n'en reste qu'à la suggestion. Le personnage est quoiqu'il en soit une réussite : il retranscrit une Lisbeth marquée mais habillée de nuances. La caricature a été évitée. Ouf.



Mikael Blomkvist
Le cas de Mikael Blomkvist est plus délicat. Sur l'écran, il a une distance et un flegme qui ne correspondent pas au personnage original. On me dit dans l'oreillette que Michael Niqvist, qui aura eu au moins le bon gout d'avoir le même prénom que son personnage, est assez reconnu dans son pays. Voilà peut être le problème. Dans l'histoire originelle, Mikael Blomkvist, le héros journaliste, est d'emblée remis en cause de toute part. En opposition, son intransigeance qouasi obsessionnelle, ses questionnements continuels en font un personnage piqué à vif. Ce n'était probablement pas en phase avec un acteur établi comme Michael Niqvist.


Erika Berger
L'analyse va être simple : le personnage d'Erika Berger, la rédac chef aux moeurs libérés, a été complètement sacrifiée. OMG. Personnage fondamental dans le livre, elle est zappée à l'instar de toute l'équipe du journal qui est pourtant censé être le filet de sécurité pour Mikael Blomkvist. C'est donc un pan entier de la psychologie de ce dernier qui disparait étant donné sa complémentarité initiale avec Erika. C'est aussi enlever le caractère féministe latent à l'univers car Erika Berger en est clairement une représentante en force. Directive mais sensible, habile diplomate mais prête à en découdre, c'est une véritable icône de la gente féminine. Rien de tout ça dans le film. En plus, l'actrice, une blonde bien fadasse, ressemble trop pas à ce que je m'étais imaginé. Erika Berger = tout faux.


Henrik Vanger
Le syndrome qui a touché Mikael Blomkvist frappe aussi ici. Originellement, Henrik Vanger est un patron d'empire industriel à la retraite. Fort de cette expérience, il est doté d'une puissante force de conviction pour arriver à ses fins. Le vieux est aussi charmeur et sa prestence est renforcée par une autorité naturelle. Certes, il est vrai que c'est un personnage usé physiquement. Mais de là à en faire un vieillard sénile et peu amène comme le fait le film... Cela concoure à fausser le jeu car on comprend moins bien alors pourquoi tout le monde se laisse si vite impliquer par les problèmes de ce papy un peu à l'ouest.


Nils Bjurman
Là c'est mieux. Nils Bjurman est bien un gros salopard des familles. Cependant, le film ne se donne pas le temps de cultiver la perversité entre l'image publique bien proprette qu'il se donne et la nature profonde de son être bien médiocre qu'aura tôt fait de débusquer Lisbeth Salander. L'avocat apparait plus rapidement comme un gros abruti qui débarque avec ses gros sabots. C'est dommage car les passages liés servent à révéler la personnalité de Lisbeth au travers de ses réactions plutôt... radicales.


Le mot de Jacquot

Non seulement Mikael Blomkvist affiche une mine déconfite à l'écran, mais il se découvre aussi très prude. Au fil des pages des trois tomes de l'oeuvre de Stieg Larson, on s'était habitué à le voir très réceptif aux hormones femelle. Mais là, on sait pas ce qui se passe, il est tout ranplanplan et il a l'air vraiment choqué la seule fois où il se fait solliciter. Il a peut être oublié de prendre son Actimel (héhé oui les petits amis, Jacquot ne perd pas le nord et n'oublie pas de faire un clin d'oeil aux collègues !)
Jacques S.

A vouloir raconter un maximum de rebondissements et travailler l'énigme du meurtre, c'est la psychologie des personnages qui a subi des coupes sévères dans l'adaptation. Pour les personnages secondaires, c'est toutefois moins choquant pour le peu qu'on en voit. Du solide professionnel Dragan Armanskij à l'angoissée Cecilia Vanger ou le bonhomme Martin Vanger, de l'affable Dirch Frode à Plague le gros nerdz, les interprétations sont justes. Mais il faut dire que les caractères en question ont des développements moins complexes. La seule surprise parmi ces personnages sera le commissaire Morell qui fera des apparitions récurrentes alors que ça n'était pas prévu. Cela colle avec le ton du film : l'intrigue policière étant mise sur le devant de la scène, quoi de plus normal que de nous coller le commissaire.

D'un livres assez original, on a donc fait une superproduction suédoise qui n'a rien de bien extraordinaire si ce n'est d'avoir conservé la personnalité de cette héroïne inédite. Je suis quand même sévère puisque je n'ai pas vu passer les 2h30 de film ; ce qui est plutôt bon signe. Millenium s'inscrit cependant dans la catégorie de livre pour lequel il vaut mieux ne pas voir la conversion au cinéma avant de l'avoir lu. Ce n'est pas toujours le cas notez : j'ai vu plus d'une fois les films du Seigneur des Anneaux et je vis plutôt bien le fait de n'être toujours pas arrivé au bout du bouquin.
Kylord @ 05/12/09
 
 
Léa
page web

06/12/09
C'est cool, j'ai bien aimé les livres et j'hésitais un peu à voir l'adaptation ciné... Comme ça je sais exactement à quoi m'attendre si je la vois un jour :D
J'avais bien aimé ton article sur les livres.


  page web

07/12/09
Ah ben là c'est sûr, il ne devrait pas te rester beaucoup d'inconnues. Mais j'avais prévenu charitablement.

 
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