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Korn - Take a Look in the Mirror

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  La genèse romancée du Jamel Comedy Club 0 
Quand on a envie de glander, aller voir un film sur la glande, c'est un peu le combo suprême. C'est le paroxysme de la fainéantise élevée au rang de chef d'oeuvre artistique. C'est l'état végétatif dans toute sa splendeur. C'est trouver de la spiritualité dans l'inaction la plus totale. C'est tranquille quoi.

C'est dans cet état d'esprit qu'on va fatalement voir Les Barons, une attitude qui est largement suggérée par le facétieux chapeau "glander plus pour vivre plus". On se dit alors qu'on va avoir une version filmée en vrai des Lascars (pas la plus mauvaise vitrine qui puisse être).

Et pourtant, tout est beaucoup plus compliqué qu'un simple détournement de slogan sarkozyste. Déjà, c'est un film belge sur des arabes. Déjà, c'est louche. Faire travailler des empaffés pareils ensemble, ça peut faire que des problèmes. Bon, si y'en avait qu'un, ça irait. Mais là, y'en a carrément quatre à l'écran. C'est même pas Jamel, et encore moins Zidane, donc je t'explique pas le merdier.

Au début, c'est bon enfant. On rigole bien avec la glande et il y a même des purs effets spéciaux pour qu'on puisse se contenter dans notre quiétude béate. En gros, c'est ce à quoi on s'attend si on s'est un tant soi peu attardé sur les teasers à droite à gauche. C'est plein de petits gags idiots avec Julien Courbey qui fait le C3-PO de la bande (ne me parlez pas de Jar Jar Binks, rien à voir). L'obsession du gus est en effet de se faire accepter parmi les barons (même s'il n'a aucune idée de la raison de la chose).

Mais on va voir ensuite que le réalisateur est très pervers car il a caché un autre film derrière ces pantalonnades. Petit à petit l'ambiance va se densifier. D'abord, le héros Hassan va se poser des questions existentielles (alors les arabes auraient une conscience ? Vlà autre chose). Il va être confronté à ses aspirations profondes, le poids des traditions familiales, son estime personnelle.... oula mais, c'est quoi ce délire ? Serait ce donc un vieux film moralisateur ?... Hé bien parfois, on flirte sur le terrain mais là n'est pas le propos essentiel. C'est d'abord un film qui s'en prend au déterminisme. Le sujet est incarné par les confrontations fraternelles qui vont se produire au sein de la bande, chacun étant tiraillé entre un conformisme ancré dans les moeurs et une envie de se faire plez'.

Et Hassan, c'est quoi son trip à lui ? Ben c'est de faire marrer les gens. Ohoh, vous le voyez là le parallèle avec le Jamel Comedy Club ? Dépasser sa condition par le lolage, ça vous parle ? Une fois de plus, tout a une raison. Outre Edouard Baer étonnamment à l'aise en gérant blasé de cabaret de quartier, on retrouve en effet Amelle Chahbi au casting. Comme de par hasard, cette pro de la pose R&B a sévi maintes fois dans le Jamel Comedy Club (et hop, ça nous fait une mise en abime). Pour Hassan, la demoiselle est justement le symbole de la défiance faite au déterminisme. Embarquée dans une histoire d'amour impossible, elle va le provoquer dans ses certitudes. Et c'est vraiment trop mimi.

Les Barons s'affiche ainsi comme un petit film tranquille et pourtant, mine de rien, il aborde des grands sujets peinard. C'est la classe. Il y a bien des passages bidons mais le ton de ce genre de film donne l'avantage de pouvoir faire croire que c'est toujours voulu.

Kylord @ 27/01/10
 
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